小さいおうち La maison au toit rouge, revue ciné

par Cécile D. Image de couverture シネマズ by 松竹

Qui dit vacances dit aussi cinéma et nous en avons profité pour enfin voir un film qu’on nous recommandait depuis longtemps, La maison au toit rouge. 

L’histoire commence par le décès de Taki, une dame âgée et dévouée à son petit-neveu  Takeshi qui appréciait ses tonkatsu et sa présence réconfortante. Lui-même un peu perdu dans sa vie personnelle et professionnelle, il a tout juste eu le temps de présenter à sa grande-tante la jeune femme qui partage sa vie.

En rangeant les affaires de la défunte, Takeshi tombe sur une très vieille lettre datée du début de la Seconde guerre mondiale ainsi que sur le journal de sa grande-tante.
Partie jeune de son natal Yamagata en 1930 pour devenir domestique dans une riche demeure, Taki tombe vite sous le charme de la famille qui l’emploie. Les Hirai sont des bourgeois menant une vie sans éclat mais harmonieuse : le père gère une fabrique de jouets et sa femme Tokiko s’occupe de leur unique enfant, un petit garçon souffrant d’une maladie l’obligeant à s’aliter. Cette vie douce ne va pas durer car la guerre approche. Au départ enthousiaste, Hirai espère même voir le conflit se terminer en quelques semaines, peu inquiet des problèmes géo-politiques de la région ou même de l’invasion japonaise en Asie du Sud-Est et plus tard dans le Pacifique.

Lors du Nouvel An 1933, Hirai invite ses collègues et amis chez lui. Sa femme remarque et plus tard tombe sous le charme d’un de ses collègues à l’air un peu rêveur (et disons-le, avec une coupe de cheveux très discutable ^^), Itakura Shôji. Rapidement amants, ils se cachent en sachant que Tokiko ne peut pas divorcer car elle devrait laisser avec son ex-mari son jeune fils et qu’elle est habituée à un style de vie qu’Itakura ne peut lui offrir. Taki observe avec inquiétude l’intimité grandissante entre sa maîtresse et Itakura alors que des voisins et la famille de Tokiko commencent à se permettre des remarques désobligeantes et que la désharmonie s’installe dans la maison au toit rouge.

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Les deux amants,  de 映画の時間

Ce film touchant est vraiment à ne pas manquer si vous avez l’occasion de vous le procurer. A travers Taki et Takeshi, on entre dans une part sombre et tourmentée de l’Histoire japonaise avec les espoirs déçus de Tokiko et d’Itakura, les amants malheureux. Takeshi ne se contente pas de lire les documents retrouvés chez sa grande-tante : il se promet de retrouver les protagonistes de ce passé mystérieux encore en vie afin de mieux comprendre le désespoir qu’il lit dans le journal de sa grande-tante. Alors qu’il n’était attaché à elle que de manière plutôt superficielle, il réalise au fur et à mesure de sa lecture que Taki était hantée par les souvenirs de sa vie chez les Hirai, portant avec elle le sentiment de culpabilité d’avoir manqué à son devoir en assistant impuissante aux problèmes conjugaux de ses employeurs. Ne reprochant jamais à Tokiko son infidélité, elle se sentait attachée à cette famille et ne souhaitait que de les voir vivre heureux. Sa résolution face à Tokiko lors d’une scène est poignante car elle tente à la fois d’aider les amants tout en protégeant Tokiko des rumeurs sur son compte.

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De シネマドリ

Tel un samouraï offrant sa loyauté à son seigneur, elle est prête à sacrifier son honneur et à attirer les ragots sur elle pour protéger cette famille à laquelle elle est tant dévouée. La prendre pour une bigote ou pour une peureuse serait négliger l’affection qu’elle éprouve pour les Hirai qui la considèrent comme un membre de leur famille. Taki, qui quitté sa famille jeune, retrouve en Tokiko une grande sœur si ce n’est un mère en qui elle peut avoir confiance alors qu’elle arrive à peine sortie de l’adolescence à Tokyo à une époque où les communications sont rares entre la capitale et les régions reculées comme le Yamagata. Les sentiments couchés sur le papier dans son journal atteste de ce lien profond qu’elle a créé avec les Hirai et une fois séparée d’eux, ils n’ont jamais cessé d’être pour elle le symbole d’une époque disparue avec la guerre, au temps de la paix et de la maison au toit rouge.

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