NieR:Automata (test)

C’est l’été, il fait beau, chaud, et surtout, on a enfin du temps libre pour souffler et penser à autre chose qu’au travail ! Alors, que faire de cette oisiveté bien méritée ? Et bien, pourquoi ne pas lancer un bon jeu vidéo nippon ? Surtout que le sujet du jour, NieR:Automata, n’est pas qu’un jeu. C’est une expérience unique, une oeuvre qui ne laisse pas indifférente tellement elle embarque le joueur dans son monde propre. Injustement sortie dans une relative indifférence en France malgré quelques articles dans les journaux grands publics (en plus de la presse spécialisée), cette création de l’étrange Yoko Taro mérite une bien plus grande lisibilité. Un an après son lancement,  voyons ensemble ce que vaut ce NieR:Automata !

De quoi parle-t-on ?

NieR:Automata est la suite d’un jeu vidéo sorti en 2010, NieR Gestalt (au Japon, le titre est NieR RepliCant), lui-même un spin-off de la série Drakengard. La bonne nouvelle, c’est que NieR:Automata se suffit à lui-même et qu’il n’est nul besoin de faire les autres jeux pour en profiter. En dépit de ventes décevantes, NieR Gestalt obtient au fil du temps un statut d’oeuvre culte grâce à la grande qualité de son scénario, et malgré ses lacunes techniques. Si bien que son studio de développement, Square Enix, décide de le doter d’une suite. Mais conscient des reproches sur le premier épisode, il est fait appel au studio Platinum Games (à qui on doit notamment Bayonetta) pour corriger le tir, Yoko Taro restant réalisateur et scénariste. Le jeu nécessite 3 ans de développement, et sa sortie en 2017 se fait sous les acclamations des critiques. Au départ exclusivité PS4, le jeu sort sur PC dès mars 2017 et la version Xbox One est disponible depuis juin dernier. Avec 2,5 millions de copies vendues, Square Enix s’est dit satisfait du succès du jeu et une suite est même envisagée.

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Prêts pour entrer dans un univers fascinant ?

L’heure du test !

Dans la continuité de NieR premier du nom, l’écriture de ce NieR:Automata est une de ses plus grandes forces. Le scénario, plein de rebondissements, tient le joueur en haleine, si bien qu’il est impossible d’en parler pour ne pas gacher le plaisir de la découverte. Sachez juste que l’histoire se déroule en 11945 et que l’humanité, réfugiée sur la Lune, essaie de reprendre le contrôle d’une Terre tenue par des machines aggressives créés par une race extraterrestre. Des androïdes ont pour mission de sécuriser la Planète Bleue, notamment la force militaire YoRHa. Le jeu nous permet de contrôler trois de ces androïdes au cours de leurs pérégrinations, la guerrière 2B, l’éclaireur 9S et un modèle daté, A2… La découverte du monde se fait à travers un open-world découpé en différentes zones, chacune ayant son environnement unique, ses propres musiques, ses ennemis… Ces lieux se débloquent progressivement au fil de l’aventure, impossible donc de parcourir la carte dès les premières minutes de jeu. Mais cette relative rigidité permet au joueur de découvrir le jeu progressivement (pas de rush !) et oblige également à s’empreigner des ambiances visuelles. Car oui, le deuxième point fort de NieR est incontestablement sa fabuleuse direction artistique. C’est peu dire que le jeu procure régulièrement un sentiment d’émerveillement extrêmement puissant ! Que ce soit dans les sables d’un désert, au milieu des ruines d’un part d’attraction ou dans la grotte des Larmes de Lune, il y a fort à parier que, comme moi, vous cessiez régulièrement toute progression pour simplement admirer la beauté des décors.

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La DA est à tomber !

En plus de ravir vos yeux, le jeu n’hésitera pas non plus à subjuguer vos oreilles : dire que la bande-son est divine n’est pas exagéré, si bien que le jeu a remporté le prix de la meilleure musique aux Games Awards, les Oscars du jeu vidéo. Le compositeur Keiichi Okabe et la chanteuse Emi Evans ont démontré toute l’étendue de leur talent, avec une musique collant parfaitement aux ambiances et situations. Il se paye même le luxe de composer quelques morceaux spécifiquement pour certaines quêtes secondaires. Okabe a également réorchestré toutes ses compositions en 8 bits pour les mini-jeux de piratage… Bravo l’artiste ! On en vient même à télécharger l’OST sur son portable pour pouvoir l’écouter à n’importe quel moment !

Continuant les louanges avec encore une grande réussite du jeu : son gameplay. Le gameplay central oscille entre action-RPG et beat them all. Mais Monsieur Yoko Taro est du genre taquin et aime varier les plaisirs. Si bien que le jeu propose aussi des phases de shoot them up, de plate-forme… La plupart du temps en 3D, voilà que NieR:Automata passe soudainement à la 2D… Et tous ces changements se font avec une fluidité déconcertante, ce qui fait qu’il y a littéralement plusieurs jeux dans le jeu ! Impossible de se lasser de cette manière ! Il y a en plus une personnalisation très poussée à travers le système des « puces de fonctionnalité » (des programmes qu’on installe sur son androïde) qui permet d’octroyer divers bonus en fonction de son style de jeu, mais aussi de choisir son interface à sa guise (on peut très bien faire disparaître la carte, son niveau… si on le désire).

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2B or not to be ?

Finissons avec les points positifs du jeu en parlant de l’écriture des personnages et des fins (sans spoiler). Yako Taro avait démontré qu’il savait parfaitement construire des personnages intéressants et attachants dans NieR premier du nom. Il récidive encore une fois, car 2B, 9S et A2 ont chacun leur personnalité, leur vision du monde, mais surtout ils semblent terriblement vivants (ironique pour des androïdes…). Et ne pensez pas que seuls les personnages principaux bénéficient de ce soin : on retrouve ce soucis du détail avec Emile, Devola et Popola, les opératrices… Enfin, impossible de parler de la galaxie de personnages sans mentionner tous les philosophes que vous croiserez. Car ce jeu intègre Pascal, Sartre, Beauvoir, Marx, Confucius, Kierkegaard… Amis ou ennemis, ces avatars agissent suivant la vision du monde de leurs illustres homonymes. Car NieR:Automata veut aussi à donner matière à réflexion au joueur, et rien ne l’illustre mieux que la fin du jeu… Mais désolé, on n’en dira rien ici, car cette fin ne trouve tout son sens qu’en étant réalisée par le joueur lui-même ! D’ailleurs, de quelle fin parle-t-on ? Car NieR:Automata en propose 27 différentes ! Mais en réalité, il n’y a que 5 fins principales, les autres correspondant à 22 game over qui peuvent survenir pendant la partie. Il faut débloquer les fins A, B, C et D pour pouvoir faire la « fin finale ». Mais… Doit-on refaire le jeu 4 fois alors ? Oui… et non. Car une fois la fin A faite et les crédits terminés, surtout relancez le jeu ! Car cette fin n’en était pas vraiment une et le jeu proposera d’incarner un nouveau personnage, avec de nouvelles quêtes, un nouveau point de vue sur l’histoire… Dites-vous que pour arriver à la fin E, il faudra compter entre 50 et 60h de jeu.

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Les androïdes, ça beugue aussi…

Maintenant, il est temps de parler des choses qui fâchent. Car NieR n’est pas parfait. Et au moins un reproche majeur peut lui être fait : le jeu est techniquement très en retard. Déjà, les personnages n’ont pas d’animation pour leur visage, ce qui se voit surtout parce qu’ils n’ouvrent pas leur bouche quand ils parlent. Sérieusement ? Et ne pensez pas que c’est parce que les androïdes communiquent différemment : pendant les cinématiques, il y a bien une synchronisation labiale. Alors, pourquoi ce jeu ne sait pas faire ce que le premier Half-Life a fait en 1998 ? Comme on l’a dit, NieR a son apparence visuelle sauvée par sa direction artistique, mais préparez-vous à voir des textures sorties tout droit de la PS2 en guise d’arrière-plan, à avoir affaire aux murs invisibles… Bref, le jeu est sublime par son ambiance, mais quand on y regarde de plus près, il devient très laid ! Ce problème aurait pu être mineur si le jeu était fluide (ce qu’on aurait pu penser vu qu’il accuse par certains aspects plus de 10 ans de retard). Et bien non ! Du moins, sur PS4 et XBox One, le jeu semble se maintenir entre 40 et 60 FPS. Mais si comme moi vous êtes un joueur PC, préparez-vous à pleurer. Square Enix livre un portage indigne, si bien qu’une configuration dans la moyenne haute comme la mienne (i7, 8Go de Ram, GTX 1050) n’assure pas le minimum avec des chutes de framerate à parfois 10 FPS ! Heureusement, il existe un mod amateur qui permet d’améliorer les choses : pour pouvoir profiter du jeu, installez impérativement FAR ! Mais Square Enix aurait pu sortir un correctif, surtout que le jeu a maintenant bientôt un an et demi !

Conclusion

Pour conclure, n’hésitez pas et dépêchez-vous d’acheter (et surtout de faire) ce jeu ! Il y a bien d’autres choses dont j’aurais pu parler, comme la grande qualité des doublages (le jeu est en japonais ou anglais, entièrement sous-titré en français), la minutie du système de combat, la fluidité des animations, les destructions récurrentes du quatrième mur… Ses quelques soucis, surtout techniques, ne viennent pas entacher le plaisir de jouer à ce qui se profile déjà comme un des jeux cultes des années 2010 !

Florian V.

Pour aller plus loin :

-La bande-annonce du jeu : https://www.youtube.com/watch?v=wJxNhJ8fjFk&has_verified=1

-le DLC [3C3C1D119440927] (oui c’est son nom) propose quelques petits ajouts sympathiques mais n’est absoluement pas essentiel au jeu. Ne l’achetez que si vous voulez prolonger l’expérience de quelques heures.

-Quelques pistes musicales (n’hésitez pas à aller écouter des compilations !) :

-Une interview du génial réalisateur Yoko Taro (sous-titres en français) :

-Pour finir, quels développements philosophiques dans NieR:Automata ? (vidéo en anglais, contient des spoilers MAJEURS) :

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