Comment Miyazaki, petit dessinateur, a-t-il atteint le sommet ?

Par Chloé – couverture : Nausicaä de la vallée du vent

Miyazaki a commencé en bas de l’échelle, embauché comme petite main de l’animation au studio Toei en 1963. Miyazaki passe par tous les rôles de l’animation : débutant comme intervalliste (dessinateur des parties manquantes dans les images), il est promu animateur-clé (dessinateur des images importantes) pour le film Le Chat Botté (1969), puis il accédera à la réalisation et à la production. Comment a-t-il opéré son ascension ?

Un an après son entrée au studio, il y rencontre sa future femme, Akemi Ōta, aussi animatrice. Il monte progressivement les échelons grâce à sa force de travail et sa créativité. Le petit dessinateur propose ses idées et donne son opinion sur les trames puis les scènes, et ses conseils avisés tout comme son engagement son remarqués par sa hiérarchie. Lors du film Les voyages de Gulliver dans l’espace en 1965, Miyazaki suggère une alternative scénaristique à la fin du film qu’il ne trouvait pas convainquant : sa proposition est intégrée au film. Il se fait connaître pour avoir à ce point influencé et participé au scénario pour un simple intervalliste. Rendez-vous compte : ses idées étaient tellement excellentes qu’elles ont été acceptées par les scénaristes !

En 1964, des revendications syndicales s’embrasent au studio, demandant de meilleures conditions pour les petites mains et dessinateurs précaires. Miyazaki devient secrétaire général du mouvement ; Isao Takahata en est vice-président. Le jeune dessinateur participera au prochain film de ce dernier, Horus, prince du soleil (1968 – projet débuté en 1965), qui ne rencontre pas de succès malgré sa qualité artistique.

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images de Horus, prince du Soleil

Après Takahata et Yōichi Kotabe, Miyazaki quitte Toei en 1971 et les rejoint aux studios A-Pro. Ce sont les années 1970, l’économie japonaise s’est redressée, la période de reconstruction et de pénurie d’après-guerre est enfin terminée. L’animation japonaise est en plein boom, les séries télévisées ont investi le créneau du dimanche soir ainsi que l’adaptation d’histoires occidentales, si loitaines, qui font rêver.

Miyazaki quitte le Japon pour la première fois et s’envole vers la Suède pour une adaptation de Fifi Brindacier. Objectifs : rencontrer l’auteur du livre et s’impreigner du cadre occidental. Toutefois, le studio s’est mépris : le projet a été lancé avec confiance mais l’auteur leur refuse catégoriquement les droits. Le travail déjà commencé doit être abandonné mais est recyclé – sous la direction de Takahata avec une participation active de Miyazaki – dans Panda Petit Panda (1972), déjà un prototype de Totoro. On retrouvera également l’inspiration de ce voyage dans les paysages de Kiki la petite sorcière (1989).

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Miyazaki, Takahata et Kotabe changent de studio pour Nippon Animation. Ils réalisent des voyages en Europe, notamment en Suisse, ce qui est marquant pour notre maître, émerveillé par les Alpes. En 1979, il réalise son premier film : le Château de Cagliostro. En neuf mois, 100 minutes d’animation d’une excellente qualité pour l’époque… il n’a pas un grand succès au public mais est très remarqué dans le milieu : Miyazaki voit forgée sa réputation professionnelle.

images du Château de Cagliostro, ça ne vous rappelle pas certaines scènes du Chateau dans le ciel ?

Miyazaki se lance dans un manga, publié mensuellement en magasine dès 1982 : Nausicaä. La science-fiction est très à la mode à l’époque, après la sortie de Star Wars dans les années 1980. Malgré cette popularité, c’est un genre difficile à porter à l’écran en prise de vue réelle, avec les moyens techniques et financiers de l’époque. Les producteurs sont donc plus disposés à financer des films d’animation, qui rencontrent un niveau public constitué d’adolescents et de jeunes adultes.

Nausicaä est une histoire futuriste dans un monde post-apocalyptique, que Miyazaki accepte d’adapter au cinéma en 1984. Le film est un succès. On y retrouve des thèmes assez récurrents et prégnants dans l’oeuvre de Miyazaki : la dualité entre le choix d’une vie simple en symbiose avec la nature, et faire revivre la technologie d’antan. On retrouvait déjà cette alternative, face à une nature qui reprend ses droits sur les excès de l’homme, dans ses premiers films. Conan, le fils du futur raconte une histoire similaire, dans Nausicaä ce n’est plus un océan mais une forêt toxique qui a envahi la Terre.

En 1985, le réalisateur désormais reconnu et ses compagnons Takahata et Kotabe acceptent de faire un nouveau long-métrage, mais ce sera avec leur propre studio : le Studio Ghibli.

C’est le deuxième article d’une série sur Miyazaki ! Prochain article à venir sur le succès de Miyazaki durant les années Ghibli !

Premier article sur la naissance de l’animation japonaise …et de la vocation d’un maître.

Quelques critiques de films d’animation :

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